Lars Martinson, l’interview exclusive

Lars MartinsonLa Fabriquerie est particulièrement heureuse de vous présenter l’interview exclusive que Lars Martinson, le talentueux dessinateur de Tonoharu nous a gentiment accordée. Très occupé en ce moment, Lars a quand même pris le temps de répondre à nos quelques questions (trés pertinentes) et nous lui en sommes très reconnaissant. Nous sommes d’autant plus fières que cette interview est sa première en français. Trêve d’auto-congratulation, let’s go :

La Fabriquerie : Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter Daniel, le personnage principal de Tonoharu ?

Lars Martinson : Daniel Wells est un jeune homme de 23 ans qui est en proie à une timidité maladive. Récemment diplômé, il s’envole pour le Japon rural où il va travailler en tant que professeur d’anglais assistant dans un collège.

L.F : Vous qui avez beaucoup voyagé à l’étranger, pouvez-vous nous dire ce qui rend le Japon si unique ?

L.M : Le Japon a été le premier pays où je suis allé par moi-même, quand j’avais seize ans. A bien des égards, je pense que ce pays est l’introduction parfaite aux séjours à l’étranger. Vivre au Japon c’est à la fois exotique et excitant sans apparaitre dangereux ou intimidant. Cette combinaison d’attributs est spécifique au Japon, je pense, et cela m’a vraiment motivé à vouloir explorer d’autres pays.

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L.F : Vous avez étudié le Shodo, la calligraphie japonaise à l’Université de Shikoku. Comment cela a t-il influencé votre manière de travailler ?

L.M : La calligraphie japonaise a eu un effet énorme mon travail et sur mon encrage en particulier. La calligraphie de l’Asie de l’Est est une discipline vieille de 3000 ans et c’est, à mon avis, la plus sophistiquée de toutes les techniques. Je pense que les dessinateurs et les illustrateurs de tous horizons pourraient bénéficier de son étude. Mon prochain projet, après Tonoharu, va être un roman graphique qui tente d’expliquer ce qui rend cette forme d’art si unique.

L.F : Vous êtes un dessinateur, vous aimez le Japon et vous avez même vécu au Japon. Vous devez donc être un fan de Manga, n’est ce pas ?

L.M : Les mangas et les animés c’est ce qui m’a introduit à la culture japonaise quand j’étais au lycée. Ironiquement, plus je passais du temps au Japon et moins je m’intéressais à ces formes d’art. J’ai commencé à avoir d’autres centres d’intérêt comme les comics alternatifs américains ou la calligraphie japonaise. Mais je continue à toujours aimer certains mangas et animés. Comme tout le monde « j’aime » les films des studios Ghibli. D’un autre coté, je gravite autour d’animés qui ne sont pas très bien connus à l’Ouest : « Poppee the Performer » et « Oden-Kun » me viennent à l’esprit par exemple. Pour ce qui est des mangas, j’aime beaucoup le travail des mangakas Yoshihiro Tatsumi et Sensha Yoshida.

L.F : Les couvertures de Tonoharu sont des hommages à Hokusai. L’estampe japonaise est-elle une véritable source d’inspiration ou quelque-chose que vous aimez simplement en tant que spectateur ?

L.M : Un peu des deux, je suppose. Les estampes japonaises m’ont conduit à la calligraphie, donc je peux dire que j’ai une grande dette envers elle.

L.F : Vous êtes profondément redevable aux Tortues Ninja, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

L.M : Il y a deux raisons. La première est que « Teenage Mutant Ninja Turtles » est l’un des premiers livres illustrés j’ai lu à l’école primaire, il a influencé ma pensée sur la bande dessinée d’une manière fondamentale. La deuxième raison, en effet, est que l’un des créateurs de TMNT, Peter Laird, m’a donné une subvention pour auto-éditer le premier volume de Tonoharu. TMNT a été à l’origine une BD auto-publiée, de sorte que Peter Laird a créé une fondation pour aider les autres dessinateurs d’auto-édition. Sans son aide, je n’aurais jamais pu auto-éditer mon premier livre.

L.F : Connaissez-vous la bande dessinée française ? Avez-vous déjà entendu parler d’une BD française ou bien européenne ?

L.M : Quand j’étais jeune, je lisais des traductions en anglais de la bande dessinée Tintin qui appartenaient à mes cousins, et je me souviens les avoir beaucoup appréciées. En ce moment, j’apprécie beaucoup le travail du dessinateur norvégien Jason, mais mise à part cela je dois admettre que je suis assez ignorant en ce qui concerne la bande dessinée européenne.

L.F : Tonoharu est publié en France par Le Lézard Noir. Va t-il être publié dans d’autres pays ?

L.M : J’aimerai bien voir Tonoharu publié dans d’autres langues mais pour l’instant je n’ai pas trouvé d’arrangements avec d’autres éditeurs étrangers. J’espère en trouver bientôt !

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Tonoharu est édité en français par Le Lézard Noir, plus d’informations sur le site de l’éditeur.
Sinon, vous pouvez faire comme moi et acheter la version originale sur Amazon.

Encore un grand merci à Lars Martinson !

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Écrit par : pour Lafabriquerie.fr

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